
Article de Libération "Breton, basque, occitan… La nouvelle scène musicale en langues régionales face à un plafond de verre national"

Citation de Linha Imaginòt le 3 février 2025, 0h13Discussion suite à l’article de Libération du 31 janvier 2025 à 16h08
La nouvelle scène musicale en langues régionales face à un plafond de verre national.
par Gérome Darmendrail
publié le 31 janvier 2025 à 16h08
https://www.liberation.fr/culture/musique/il-y-a-plein-de-titres-hypermodernes-en-ce-moment-la-musique-en-langues-regionales-face-a-un-plafond-de-verre-20250131_KWCEYIJ3MVGFZOON7GAZXL3NBQ/Breton, basque, occitan…
La nouvelle scène musicale en langues régionales face à un plafond de verre national
Article réservé aux abonnésAutrefois assimilés au militantisme, les artistes qui chantent en breton, occitan, basque ou corse sont aujourd’hui plus nombreux, dans des styles décomplexés. Pourtant, ils se heurtent aux réticences des médias et de l’industrie musicale.
Discussion suite à l’article de Libération du 31 janvier 2025 à 16h08
La nouvelle scène musicale en langues régionales face à un plafond de verre national.
par Gérome Darmendrail
publié le 31 janvier 2025 à 16h08
https://www.liberation.fr/culture/musique/il-y-a-plein-de-titres-hypermodernes-en-ce-moment-la-musique-en-langues-regionales-face-a-un-plafond-de-verre-20250131_KWCEYIJ3MVGFZOON7GAZXL3NBQ/
Breton, basque, occitan…
La nouvelle scène musicale en langues régionales face à un plafond de verre national
Autrefois assimilés au militantisme, les artistes qui chantent en breton, occitan, basque ou corse sont aujourd’hui plus nombreux, dans des styles décomplexés. Pourtant, ils se heurtent aux réticences des médias et de l’industrie musicale.

Citation de Linha Imaginòt le 3 février 2025, 0h14Reponse de Jacme Gaudas ::
A quand parleront-t-ils (les journalises) de Langues de France ?
Oui, même à Libération (ce n’est hélas pas une surprise) l’utilisation de cette appellation de « langues régionales » fait florès, vergonha de longa !!!!
« Que peut signifier l’appellation de langues régionales, à bien y réfléchir, sinon la volonté de réduire à la dimension d’une circonscription administrative des langues aussi aptes que les autres à dire le vaste monde, sinon de désamorcer leur potentiel critique ? »
Reponse de Jacme Gaudas ::
A quand parleront-t-ils (les journalises) de Langues de France ?
Oui, même à Libération (ce n’est hélas pas une surprise) l’utilisation de cette appellation de « langues régionales » fait florès, vergonha de longa !!!!
« Que peut signifier l’appellation de langues régionales, à bien y réfléchir, sinon la volonté de réduire à la dimension d’une circonscription administrative des langues aussi aptes que les autres à dire le vaste monde, sinon de désamorcer leur potentiel critique ? »

Citation de Linha Imaginòt le 3 février 2025, 0h15Réponse de Michel Feltin-Palas
Chers amis
L’expression « langue régionale » pose en effet problème en ceci qu’elle laisse supposer un état d’infériorité par rapport aux langues « nationales ». Ce n’est évidemment pas le cas : linguistiquement, toutes les langues sont égales entre elles ; ce qui les distingue, c’est leur statut. Par les hasards de l’Histoire – et souvent la force des baïonnettes – certaines sont devenus langues officielles, pas d’autres. Cela ne fait pas des secondes des dialectes ni des sous-langues, mais des langues minorisées, ce qui n’a rien à voir.
Si, dans mes articles, je me suis résolu néanmoins à recourir à l’expression « langues régionales », c’est par souci d’efficacité. Les formules alternatives (langues minoritaires, minorisées, autochtones, etc) sont évidemment plus justes, mais elles ne touchent souvent que les personnes déjà « conscientisées », comme on ne dit plus. Or, à travers ma lettre d’information de l’Express « Sur le bout des langues », mon but est précisément de sensibiliser les personnes plus éloignées de ces problématiques, sans les rebuter par un vocabulaire qui, pour être exact, peut sembler militant et pour cette raison rebutant.Je ne suis pas tout à fait sûr d’avoir raison, mais je vous livre ici en toute honnêteté l’état de mes réflexions.
Bien à vous,
Michel Feltin-Palas
06 1111 1846
L’Express. Rédacteur en chef chargé des cahiers thématiques et de la page Courrier des lecteurs.
»Sur le bout des langues »
La lettre d’information consacrée au français et aux langues de FrancePour la recevoir : cliquez sur ce lien https://bit.ly/3KDVCT1
Réponse de Michel Feltin-Palas
Chers amis
L’expression « langue régionale » pose en effet problème en ceci qu’elle laisse supposer un état d’infériorité par rapport aux langues « nationales ». Ce n’est évidemment pas le cas : linguistiquement, toutes les langues sont égales entre elles ; ce qui les distingue, c’est leur statut. Par les hasards de l’Histoire – et souvent la force des baïonnettes – certaines sont devenus langues officielles, pas d’autres. Cela ne fait pas des secondes des dialectes ni des sous-langues, mais des langues minorisées, ce qui n’a rien à voir.
Si, dans mes articles, je me suis résolu néanmoins à recourir à l’expression « langues régionales », c’est par souci d’efficacité. Les formules alternatives (langues minoritaires, minorisées, autochtones, etc) sont évidemment plus justes, mais elles ne touchent souvent que les personnes déjà « conscientisées », comme on ne dit plus. Or, à travers ma lettre d’information de l’Express « Sur le bout des langues », mon but est précisément de sensibiliser les personnes plus éloignées de ces problématiques, sans les rebuter par un vocabulaire qui, pour être exact, peut sembler militant et pour cette raison rebutant.
Je ne suis pas tout à fait sûr d’avoir raison, mais je vous livre ici en toute honnêteté l’état de mes réflexions.
Bien à vous,
Michel Feltin-Palas
06 1111 1846
L’Express. Rédacteur en chef chargé des cahiers thématiques et de la page Courrier des lecteurs.
»Sur le bout des langues »
La lettre d’information consacrée au français et aux langues de France
Pour la recevoir : cliquez sur ce lien https://bit.ly/3KDVCT1

Citation de Linha Imaginòt le 3 février 2025, 0h15Réponse de Franc Bardou (dimanche 2 février 2025 )
Langues « régionales » = langues cantonnées, langues circonscrites, soit ! D’un point de vue fonctionnel.
Mais qu’en est-il d’un point de vue ontique ? En quoi l’être d’une langue qualifiée de « nationale », « d’universelle », voire même de rien du tout, diffère-t-il de l’être d’une « langue » dite « régionale » ?
Je ne peux m’empêcher de penser que derrière ces distinctions qualificatives (de fonctionnement) se cache une autre distinction, ontique celle-là, qui parlerait de l’être intégral d’une « vraie » langue, et de l’être amoindri, de moindre valeur et de moindre portée, d’une langue « seulement régionale ». Nous nous comprenons bien : je ne dis pas que l’occitan serait ceci ou cela. Je dis que l’expression « langue régionale » contient tacitement une distinction qualificative ontiquement « raciste », en tel sens qu’un peuple, défini par sa langue, qui parlerait une langue de « moindre valeur » ou de « moindre portée » serait tacitement un « moindre peuple », belle façon proprette élégante, de désigner une « race inférieure », c’est à dire, au plan fonctionnel, un peuple fait pour se taire, se soumettre ,obéir s’effacer et se faire oublier…
Mais on me répondra que j’ai l’esprit mal placé. Mal placé, certes, mon esprit l’est, puisque j’ai l’esprit placé à l’endroit exact depuis lequel se voit ce qu’on ne veut pas voir ni savoir.
« Faire peuple » peut cependant, certes, être fait sur d’autres bases qu’une langue. Auquel cas, nous pouvons imaginer, avec F.M. Castan, au moins dans le principe théorique, des basques, des bretons, des occitans, des français, etc… faire peuple ensemble. Pourquoi pas ? Pourquoi pas ?!! Mais, précisément en raison de ce mépris tacite des quelques uns (cf. l’usage du qualificatif de « régional ») pour tous les autres… Comment souhaiter raisonnablement faire peuple avec ceux qui nous méprisent ? Nous nous heurtons aux mêmes problèmes et aux mêmes limites que les populations issues de l’immigration, ni plus, ni moins (à moins, bien sûr, de garder la tête sous l’aile, ce qui conviendrait à la définition d’un esprit bien placé). La fin du nationalisme sera aussi, et en même temps, synchro pile poil, celle de l’impérialisme et du suprémacisme. Or, cette fin, n’en déplaise à mes rêveries situationnistes supra-nationalitaires, tarde bien à venir…
Bien à vous
FB
Réponse de Franc Bardou (dimanche 2 février 2025 )
Langues « régionales » = langues cantonnées, langues circonscrites, soit ! D’un point de vue fonctionnel.
Mais qu’en est-il d’un point de vue ontique ? En quoi l’être d’une langue qualifiée de « nationale », « d’universelle », voire même de rien du tout, diffère-t-il de l’être d’une « langue » dite « régionale » ?
Je ne peux m’empêcher de penser que derrière ces distinctions qualificatives (de fonctionnement) se cache une autre distinction, ontique celle-là, qui parlerait de l’être intégral d’une « vraie » langue, et de l’être amoindri, de moindre valeur et de moindre portée, d’une langue « seulement régionale ». Nous nous comprenons bien : je ne dis pas que l’occitan serait ceci ou cela. Je dis que l’expression « langue régionale » contient tacitement une distinction qualificative ontiquement « raciste », en tel sens qu’un peuple, défini par sa langue, qui parlerait une langue de « moindre valeur » ou de « moindre portée » serait tacitement un « moindre peuple », belle façon proprette élégante, de désigner une « race inférieure », c’est à dire, au plan fonctionnel, un peuple fait pour se taire, se soumettre ,obéir s’effacer et se faire oublier…
Mais on me répondra que j’ai l’esprit mal placé. Mal placé, certes, mon esprit l’est, puisque j’ai l’esprit placé à l’endroit exact depuis lequel se voit ce qu’on ne veut pas voir ni savoir.
« Faire peuple » peut cependant, certes, être fait sur d’autres bases qu’une langue. Auquel cas, nous pouvons imaginer, avec F.M. Castan, au moins dans le principe théorique, des basques, des bretons, des occitans, des français, etc… faire peuple ensemble. Pourquoi pas ? Pourquoi pas ?!! Mais, précisément en raison de ce mépris tacite des quelques uns (cf. l’usage du qualificatif de « régional ») pour tous les autres… Comment souhaiter raisonnablement faire peuple avec ceux qui nous méprisent ? Nous nous heurtons aux mêmes problèmes et aux mêmes limites que les populations issues de l’immigration, ni plus, ni moins (à moins, bien sûr, de garder la tête sous l’aile, ce qui conviendrait à la définition d’un esprit bien placé). La fin du nationalisme sera aussi, et en même temps, synchro pile poil, celle de l’impérialisme et du suprémacisme. Or, cette fin, n’en déplaise à mes rêveries situationnistes supra-nationalitaires, tarde bien à venir…
Bien à vous
FB

Citation de Linha Imaginòt le 3 février 2025, 13h43Réponse de Franc Bardou a M. Feltin-Palas.
Via avenir-occitanisme@framagroupes.org Lundi 3 février 2025Merci pour votre réponse, M. Feltin-Palas.
Au regard du contenu effectif de vos nombreuses interventions autour des langues historiques « de France », je me doute bien que votre intention n’est certainement pas de faire accroire quiconque je ne sais quelle ineptie confinant de quelque manière que ce soit au mythe éculé (mais pourtant toujours présent) d’une « race supérieure » (parlant je ne sais trop quelle « langue supérieure »). Bien au contraire ! Vous défendez la diversité culturelle des langues, des peuples et des cultures. Et nous nous en réjouissons. Seuls ceux qui ne font rien ne se trompent jamais.
Mais l’adjectif « régionale » reste, selon moi, contre-productif. Toutes les langues sont des langues, rien que des langues, et se contentent (joyeusement) de l’être, pleinement, sainement et intégralement. C’est la politique qui (depuis des siècles) ment et nous trompe — et je ne vous parle là ni de prétendue « gauche » (de plus en plus illusoire au regard de ses principes les plus élémentaires) ni de droite (de plus en plus scandaleusement décomplexée).
Utiliser un adjectif erroné pour communiquer au sujet de la vérité (relative à l’égalité des langues que je sais que vous défendez) risque de jouer contre vous et contre nous tous. C’est avant tout cela que j’ai cherché à exprimer — sans d’ailleurs le moins du monde penser à vous, car je pensais surtout au bien trop condescendant législateur. Ce ne sont pas tant les usagers du qualificatif « régionale » qui, implicitement, chercheraient à ramener les locuteurs mis en minorité à je ne sais quelle absurde infériorité ontique, mais bien le terme choisi en lui-même. Les mots possèdent leur implicite, trop souvent à l’insu de tous ceux qui en usent en toute bonne foi. D’où ma mise en garde, purement théorique, que nous pourrions résumer ainsi : méfions-nous des faux-amis ; l’adjectif « régional » n’est notre ami, ni explicitement (l’occitan, par exemple, de Bayonne à Cuneo, n’est pas « régional » mais bien international (Italie, Espagne et France, je ne vous apprends rien…)) ni implicitement (car l’occitan n’est rien de moins ni de plus que le français, deux langues cousines, issues en même temps du gallo-romain tardif).
Nous pourrions d’ailleurs, en bons républicains français, nous questionner, vous et moi, à titre strictement citoyen, quant la pertinence de l’usage d’un terme se voulant technique, « La Région », qui, implicitement, se définit comme étant un domaine géographique ayant vocation ontique à se voir « régi » et ce, donc, par un « roi » (rex, regis…), formulation qui n’est, à bien y réfléchir, guère valorisante pour les citoyens et les citoyennes en principe égaux en devoirs et en droits au regard d’une république démocratique.
La notion même de centralisme, telle que définie de part et d’autre du règne du petit fils d’Henri de Navarre, tyran notoire Louis XIV, massacreur de protestants proportionnellement surtout occitans, voue, de fait, implicitement, tout territoire non-central à la « provincialité » (de « pro-vincia », précédemment vaincue) et à la « régionalité », c’est à dire à la vocation ontique à être régi par un roi n’exerçant pas le pouvoir dans ladite « région » mais toujours de l’extérieur, extérieur à son espace, bien sûr, mais aussi et surtout extérieur à sa culture et à sa langue, pour presque toutes les « régions » du territoire de conquêtes royales, par conquêtes vocation illimitées, ou ne pouvant être contenues que par la force (La Russie, Waterloo).
Dans une perspective républicaine, il y a donc fort à penser autour de l’usage du substantif « Région » pour définir des territoires quels qu’ils soient, et donc, par conséquent, sur l’usage du qualificatif « régional », pour des raisons bien indépendante, cher M. Feltin-Palas, de votre volonté propre, n’en doutons pas un instant. En son temps, le philosophe Félix-Marcel Castan se disait fort opposé à l’évolution administrative désignée par le terme « régionalisation » et ce, au grand damn de nombreux occitanistes de son époque. Il s’opposait donc frontalement à la notion de « régionalisme » défendue par de braves gens tels que Robert Lafont, par exemple. Castan avait ses raisons, et sa position était tout sauf fantaisiste, je pense. Il voulait des cités et des bourgs qui rayonnent et échangent, tout sauf un enfermement structurel. Ça respirait l’ouvert. On peut certes ne pas apprécier, mais cela avait sa logique propre, et ce n’était certainement pas la plus malsaine, au regard des replis sur soi que l’on ne cesse de voir progresser de nos tristes jours ! Les Occitans, par sa voix, avaient quelque chose de très républicain à apporter à ce que se prétendait être la France. N’aurait-elle été, dans le fond, qu’une vaine et arrogante prétentieuse ? Avec Castan, Nelli et Manciet, j’aurais préféré qu’elle fût une plus authentique République…
Bien à vous, cher Monsieur.
FB
Réponse de Franc Bardou a M. Feltin-Palas.
Via avenir-occitanisme@framagroupes.org Lundi 3 février 2025
Merci pour votre réponse, M. Feltin-Palas.
Au regard du contenu effectif de vos nombreuses interventions autour des langues historiques « de France », je me doute bien que votre intention n’est certainement pas de faire accroire quiconque je ne sais quelle ineptie confinant de quelque manière que ce soit au mythe éculé (mais pourtant toujours présent) d’une « race supérieure » (parlant je ne sais trop quelle « langue supérieure »). Bien au contraire ! Vous défendez la diversité culturelle des langues, des peuples et des cultures. Et nous nous en réjouissons. Seuls ceux qui ne font rien ne se trompent jamais.
Mais l’adjectif « régionale » reste, selon moi, contre-productif. Toutes les langues sont des langues, rien que des langues, et se contentent (joyeusement) de l’être, pleinement, sainement et intégralement. C’est la politique qui (depuis des siècles) ment et nous trompe — et je ne vous parle là ni de prétendue « gauche » (de plus en plus illusoire au regard de ses principes les plus élémentaires) ni de droite (de plus en plus scandaleusement décomplexée).
Utiliser un adjectif erroné pour communiquer au sujet de la vérité (relative à l’égalité des langues que je sais que vous défendez) risque de jouer contre vous et contre nous tous. C’est avant tout cela que j’ai cherché à exprimer — sans d’ailleurs le moins du monde penser à vous, car je pensais surtout au bien trop condescendant législateur. Ce ne sont pas tant les usagers du qualificatif « régionale » qui, implicitement, chercheraient à ramener les locuteurs mis en minorité à je ne sais quelle absurde infériorité ontique, mais bien le terme choisi en lui-même. Les mots possèdent leur implicite, trop souvent à l’insu de tous ceux qui en usent en toute bonne foi. D’où ma mise en garde, purement théorique, que nous pourrions résumer ainsi : méfions-nous des faux-amis ; l’adjectif « régional » n’est notre ami, ni explicitement (l’occitan, par exemple, de Bayonne à Cuneo, n’est pas « régional » mais bien international (Italie, Espagne et France, je ne vous apprends rien…)) ni implicitement (car l’occitan n’est rien de moins ni de plus que le français, deux langues cousines, issues en même temps du gallo-romain tardif).
Nous pourrions d’ailleurs, en bons républicains français, nous questionner, vous et moi, à titre strictement citoyen, quant la pertinence de l’usage d’un terme se voulant technique, « La Région », qui, implicitement, se définit comme étant un domaine géographique ayant vocation ontique à se voir « régi » et ce, donc, par un « roi » (rex, regis…), formulation qui n’est, à bien y réfléchir, guère valorisante pour les citoyens et les citoyennes en principe égaux en devoirs et en droits au regard d’une république démocratique.
La notion même de centralisme, telle que définie de part et d’autre du règne du petit fils d’Henri de Navarre, tyran notoire Louis XIV, massacreur de protestants proportionnellement surtout occitans, voue, de fait, implicitement, tout territoire non-central à la « provincialité » (de « pro-vincia », précédemment vaincue) et à la « régionalité », c’est à dire à la vocation ontique à être régi par un roi n’exerçant pas le pouvoir dans ladite « région » mais toujours de l’extérieur, extérieur à son espace, bien sûr, mais aussi et surtout extérieur à sa culture et à sa langue, pour presque toutes les « régions » du territoire de conquêtes royales, par conquêtes vocation illimitées, ou ne pouvant être contenues que par la force (La Russie, Waterloo).
Dans une perspective républicaine, il y a donc fort à penser autour de l’usage du substantif « Région » pour définir des territoires quels qu’ils soient, et donc, par conséquent, sur l’usage du qualificatif « régional », pour des raisons bien indépendante, cher M. Feltin-Palas, de votre volonté propre, n’en doutons pas un instant. En son temps, le philosophe Félix-Marcel Castan se disait fort opposé à l’évolution administrative désignée par le terme « régionalisation » et ce, au grand damn de nombreux occitanistes de son époque. Il s’opposait donc frontalement à la notion de « régionalisme » défendue par de braves gens tels que Robert Lafont, par exemple. Castan avait ses raisons, et sa position était tout sauf fantaisiste, je pense. Il voulait des cités et des bourgs qui rayonnent et échangent, tout sauf un enfermement structurel. Ça respirait l’ouvert. On peut certes ne pas apprécier, mais cela avait sa logique propre, et ce n’était certainement pas la plus malsaine, au regard des replis sur soi que l’on ne cesse de voir progresser de nos tristes jours ! Les Occitans, par sa voix, avaient quelque chose de très républicain à apporter à ce que se prétendait être la France. N’aurait-elle été, dans le fond, qu’une vaine et arrogante prétentieuse ? Avec Castan, Nelli et Manciet, j’aurais préféré qu’elle fût une plus authentique République…
Bien à vous, cher Monsieur.
FB

Citation de Linha Imaginòt le 3 février 2025, 18h10Reponse de Michel Feltin-Palas – Franc Bardou –
3 février 2025 via avenir-occitanisme@framagroupes.org
Cher Franc Bardou,
Je vous remercie pour votre réponse – de grande qualité. Comme vous l’avez compris, je partage entièrement votre point de vue sur le fond. J’ai effectué néanmoins un autre choix en espérant toucher ainsi un public plus large et, partant, atteindre une plus grande efficacité. Je ne puis toutefois vous assurer avoir raison.
Bien à vous,
Michel Feltin-Palas
Reponse de Michel Feltin-Palas – Franc Bardou –
3 février 2025 via avenir-occitanisme@framagroupes.org
Cher Franc Bardou,
Je vous remercie pour votre réponse – de grande qualité. Comme vous l’avez compris, je partage entièrement votre point de vue sur le fond. J’ai effectué néanmoins un autre choix en espérant toucher ainsi un public plus large et, partant, atteindre une plus grande efficacité. Je ne puis toutefois vous assurer avoir raison.
Bien à vous,
Michel Feltin-Palas

Citation de Linha Imaginòt le 3 février 2025, 19h24Réponse de « Bernat Giacom »
3 février 2025 (via avenir-occitanisme Mailing List) »
Adiussiatz !
Le sujet de la dénomination de nos langues est évidemment important mais en l’occurrence il me semble que l’article de libération met le doigt sur un phénomène d’invisibilisation qui a de très lourdes conséquences sur : La visibilité et donc la notoriété de nos artistes La viabilité des carrières professionnelles des dits artistes De ce fait la difficulté à faire émerger des artistes nouveaux et à attirer les jeunes générations De ce fait l’attractivité de nos langues et cultures pour la population et la jeunesse De ce fait la plus grande difficulté à les conscientiser…
Pour moi la bataille pour faire péter le plafond de verre qui règne en France sur la production artistique en langues dites régionales est plus urgente que celle sur l’appellation officielle de nos langues. Ce n’est que mon avis…
Bernat Giacomo
Réponse de « Bernat Giacom »
3 février 2025 (via avenir-occitanisme Mailing List) »
Adiussiatz !
Le sujet de la dénomination de nos langues est évidemment important mais en l’occurrence il me semble que l’article de libération met le doigt sur un phénomène d’invisibilisation qui a de très lourdes conséquences sur :
La visibilité et donc la notoriété de nos artistes
La viabilité des carrières professionnelles des dits artistes
De ce fait la difficulté à faire émerger des artistes nouveaux et à attirer les jeunes générations
De ce fait l’attractivité de nos langues et cultures pour la population et la jeunesse
De ce fait la plus grande difficulté à les conscientiser…
Pour moi la bataille pour faire péter le plafond de verre qui règne en France sur la production artistique en langues dites régionales est plus urgente que celle sur l’appellation officielle de nos langues.
Ce n’est que mon avis…
Bernat Giacomo

Le Forum de discussions du Journal la Linha Imaginòt, le journal de la décentralisation culturelle.
La Linha Imaginòt, le journal pluri-culturel, anti-centraliste & anti-unitariste « L’Occitanie laboure le sol avec une charrue culturelle ». n° ISSN 1166-8067
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